Nebraska

"Quand on arrive en ville!"Ou 100 patates pas très douces.

 

De : Alexander – Rastapopoulos Papadopoulos, oui oui c’est son vrai nom – Payne. Le type habituellement adulé par la critique, à qui l’on doit entre autres Sideways, la balade œno à base de coucherie existentielle avec Paul Giamatti et le Dr. Cristina Yang.

Avec :

  • Bruce Dern (Woody Grant). Après avoir disparu des écrans pendant quelques années, l’éternel méchant de service a rechaussé les crampons à 77 ans pour décrocher le prix d’interprétation masculine à Cannes l’an dernier. Comme ça, plus de 30 ans après sa dernière nomination… aux Razzie Awards. In da face Hollywood.
  • Will Forte (David Grant), aperçu dans la bouse intersidérale Voisins du troisième type, aussi attachant qu’un cocker battu recueilli par la SPA.
  • Des vaches, des champs à perte de vue, des plaines désolées : l’Amérique profonde et bucolique. La Brie du pauvre quoi.

 

C’est l’histoire de : Woody, vieux grincheux acariâtre et alcoolique, avec de légers problèmes avec la réalité et les grosses sommes d’argent, qui se laisse facilement embobiner par ses proches. Toute ressemblance avec mamie Zinzin serait purement fortuite.

Ça commence par : l’errance de Woody sur les routes du Montana pour aller réclamer son million de dollars dans le Nebraska. Sauf que le Woody n’a plus toute sa tête, et que le million en question est une pub pour un abonnement à des magazines de chiotte. Comme le vieil homme n’en démord pas, son fils David, qui a une vie de merde et rien de mieux à foutre, décide de l’accompagner dans ce voyage, renouant au passage avec sa famille de débilos, et le passé de l’ancêtre.

 

En gros : je vous vois venir d’ici : encore un road movie sur la relation père/fils au cœur d’une Amérique désolée et badante ?

Oui. Mais quand c’est bien fait, c’est cool.

 

Concrètement : on pourrait critiquer Nebraska pour son manque d’originalité, la superficialité de l’utilisation du noir et blanc, ou sa platitude générale. On pourrait.

Mais j’ai pas envie. Parce qu’en bon bobo, j’ai trouvé ça super cool. Tout en ce film sonne hyper juste. Le scénario et les dialogues sont juste parfaits. Le film est tantôt lent et contemplatif, tantôt drôle et très rythmé, mais toujours très bien écrit et très percutant. Surtout, l’ensemble est assez touchant, et pas du tout hautain ou pédant comme certains critiques snobs aiment à le penser (coucou Les Inrocks !).

Les deux acteurs principaux (Dern & Forte) y sont pour beaucoup. La photo magnifique de Phedon Papamichael aussi.

Quant à la fin… elle est parfaite.

Voilà ce que c’est, qu’un putain de bon film avec un budget tout à fait raisonnable.

 

Le détail qui tue : les cousins de la famille Grant. Le chaînon manquant entre l’homme, l’ours et le porc. Comme l’Homoursporc de South Park, exactement : moitié homme, moitié ours, moitié porc.

 

Bref : le simple fait qu’il ait été défoncé par Les Cahiers et Libé devrait être l’argument principal pour vous motiver à aller le voir.

 

Je vous recommande : de profiter des rares salles qui le diffusent encore, ou de votre magnifique connexion Internet pour le télécharger en toute légalité (vous voyez Monsieur de la NSA qui me lisez, je fais tout comme vous m’avez dit).

L'Homoursporc

Publicités

Une réflexion au sujet de « Nebraska »

  1. Ping : Classement des meilleurs films de 2014 (rien de moins) | Les cahiers du non cinéma

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s